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Paradigmes émancipateurs. Les hypothèses ...

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Par Gustavo Castro Soto

Parmi les mouvements sociaux de changement et autres acteurs, il peut y avoir consensus sur les effets que le capitalisme génère, tels que la pauvreté, la misère, l'exclusion, l'endettement, l'insécurité, l'accumulation de capital, la migration, patriarcale, militariste, prédatrice de l'environnement, entre autres le fait qu'il peut facilement y avoir un consensus social. Et malgré la misérable réalité qu'elle provoque, il y a ceux qui maintiennent le mirage qu'il ne s'agit que de la perfectionner, de l'humaniser.


La violence est endémique, tout comme la pauvreté. Les transnationales arrivent sur nos territoires assoiffées de leur ambition de business, d'accumulation de capital et de contrôle des ressources naturelles, des terres et des territoires, accélérant la crise climatique. Pour sa part, le mouvement social continue de résister à l'assaut du capitalisme. On parle du besoin urgent de proposer des alternatives au capitalisme qui détruit la planète; résister, se battre, faire des alliances. Pour que d'autres suscitent de nouveaux mouvements, les unifient, les unissent parce que nous sommes très dispersés; ou pour accéder au pouvoir politique, aux structures étatiques pour pouvoir changer cette situation. Voter pour certains, devenir un parti politique pour d'autres, entre autres dilemmes toujours présents et rien de nouveau, mais qui renvoient à la nécessité de s'émanciper contre cette oppression du système.

Et c'est pourquoi nous jugeons nécessaire d'aborder quelques réflexions mais aussi quelques provocations. En parlant de paradigmes émancipateurs contre le système capitaliste, nous émettons de nombreuses hypothèses dans les espaces d'analyse, les militants et parmi les mouvements sociaux qui ne sont pas bien expliqués et nous considérons donc la nécessité de les mettre sur la table pour débattre. Nous croyons que nous pensons tous la même chose. Et ce n'est pas vrai. Et de plus, certains d'entre nous n'en ont aucune idée. Nous l'avons vu et nous l'avons vérifié.

Le système

Pour se comprendre et formuler une position politique, il faut d'abord se demander ce qu'est un système? Un système est-il éternel, comporte-t-il des contradictions, sont-ils cycliques? Ces contradictions définissent-elles l'avenir du système? Un système naturel est-il comparable à celui créé par l'humanité? Cela fonctionne-t-il seul? Est-il autonome et insensible aux événements extérieurs? Est-ce qu'il implose ou explose? Les systèmes sont-ils parfaits et s'ils ne le sont pas, cela signifie-t-il que tôt ou tard il marque sa fin? Quand? Impliquant? Quels sont tes symptômes?

Ces questions semblent vulgaires pour certains, oisives pour d'autres, faciles à répondre pour certains analystes, bien que leur réponse marque des directions radicalement différentes. D'autres encore ne se sont posés explicitement sur aucune de ces questions, même si nous ne réalisons pas que nous avons une réponse à ces questions. Cependant, le concept grouille partout et est utilisé à chaque occasion, réunion, atelier, réunion, analyse et même dans de simples commentaires.

L'éducation que nous avons vécue, l'environnement religieux qui nous entoure, la pratique politique, les discours idéologiques qui ont imprégné notre conscience par divers moyens ont forgé cette analyse systémique. Bien que nous ne le réalisions pas. Consciemment ou inconsciemment, nous avons tous une analyse systémique qui définit une action politique et une vision de la réalité qui détermine notre position dans la vie, face aux événements, face aux autres. Et c'est derrière nos revendications. Cela vaut également pour les mouvements sociaux. On entend ainsi des déclarations telles que «ceux qui sont fous», «idéalistes», «gobaliphobes», «communistes», «radicaux», «apocalyptiques», «ils sont contre le développement», entre autres adjectifs. On y trouve aussi une analyse systémique en arrière-plan, mauvaise ou bonne, suffisante ou très courte, sans bases ou avec bases, avec profondeur ou très superficielle, mais une idée du système à la fin.

Ainsi, pour certaines personnes, le système ne change pas, il est éternel, il s'accommode; éphémères sont leurs crises. Il y a ceux pour qui le système a toujours ses contradictions, il n'y a donc pas lieu de paniquer car il ne s'agit pas de définir des directions; que ces contradictions sont normales et cycliques. Pire encore, lorsqu'un système créé par l'humanité est comparé à des systèmes naturels, biologiques ou physiques; pires mathématiciens, où l'humanité n'est qu'une composante qui agit sans liberté, sans décision. On nous dit également que le système va s'effondrer, qu'ils ne sont pas éternels, qu'ils ont un début et une fin, et que leurs maladies devront être correctement diagnostiquées pour déterminer si elles sont au stade terminal ou non. Dans un autre moment, nous aborderons à partir de la philosophie de Xavier Zubiri pourquoi c'est aussi faux que l'éternité du capitalisme.

En bref, nous négligeons ensuite une réflexion et une analyse plus claires et plus consensuelles de ce qu'est un système artificiel, comment nous le caractérisons et comment nous le diagnostiquons. Quels principes il a. C'est une réflexion cruciale pour les mouvements sociaux de changement qu'il est nécessaire et radicalement important de débattre et de définir, elle doit déterminer des alliances, des stratégies, des scénarios de changement. Les luttes, les résistances, les alternatives et les mouvements sociaux sont débattus dans le cadre de ce concept de système et de son diagnostic.

Le capitalisme

Puis nous sommes tombés sur un autre concept: le capitalisme. Et le capitalisme en tant que système. Partout on parle du terme, mais qu'est-ce que le capitalisme? Parmi les mouvements sociaux de changement et autres acteurs, il peut y avoir un consensus sur les effets du capitalisme, sur les caractéristiques ou symptômes qu'il génère, tels que la pauvreté, la misère, l'exclusion, l'endettement, l'insécurité, l'accumulation de capital, la migration, patriarcale, militariste, prédateur de l'environnement, entre autres pour lequel il peut facilement y avoir un consensus social. Mais pas le diagnostic, son interprétation, le moment ou le niveau de gravité dans lequel il se trouve.

On nous dit que le capitalisme ne peut être remis en cause, et malgré la misérable réalité qu'il provoque, il y a ceux qui maintiennent le mirage du développement durable, qu'il ne s'agit que de le perfectionner, de l'humaniser. Pire encore, que malgré les preuves, «nous allons bien», «nous sommes sur la bonne voie».

C'est comme voir les effets d'une maladie physique, du corps, sans savoir ce qui la cause, quelle est sa gravité, à quel point la maladie est avancée, où la maladie tend. Si le médecin diagnostique bien, il trouvera la solution, l'alternative, le traitement approprié. Si elle est mal diagnostiquée, la maladie pourrait progresser en phase terminale. Eh bien, c'est quelque chose de similaire, en sauvant les différences.


Sous une combinaison de la manière de comprendre l'histoire, il y a pour qui le capitalisme est éternel, qu'il persistera dans le temps, qu'il ne trouvera qu'un moyen de s'adapter, et donc la fin de l'histoire est arrivée et il n'y aura plus de changements du système, il n'y a rien à faire. Cette conception implique une position face à la réalité dans laquelle le capitalisme n'a qu'à être humanisé, il ne doit pas être confronté ou remis en question, mais il doit plutôt s'y adapter. Pour d'autres, l'histoire et donc le capitalisme est cyclique et tout se répète à certains moments de la vie; ou est-ce comme une spirale, il se répète dans des conditions différentes; ou qu'il monte, que nous allons de pire en mieux; ou en descendant, que l'on passe du paradis aux pires conditions de l'humanité mais toujours dans le même système immobile. D'autres nous disent qu'il faut aiguiser les contradictions du système pour faire le saut vers un autre. Il y a ceux qui croient que le système va soudainement muter, donc rien ne doit être fait, il va simplement changer.

On nous dit que le système a toujours existé comme si le capitalisme n'était pas né au 18ème siècle mais depuis des millénaires. D'autres confondent le fait que, comme le marché existe depuis les temps anciens, le capitalisme a été et sera éternel, sans prendre en compte d'autres caractéristiques de la domination hégémonique multiple du capitalisme à ses débuts.

Beaucoup insistent sur le fait que le système capitaliste ne fait que s'adapter, il cherche de nouvelles manières historiques de s'accommoder de lui-même, qu'il cherchera toujours des moyens de réussir, là où il n'y a pas d'autre paradigme ou choix de vie ou de système qui le confronte. Plus besoin de le chercher. Le capitalisme a été implanté pour toujours. S'il ne s'agit que de crises temporaires, il n'y aura pas lieu de s'inquiéter.

Toutes ces positions conduisent à se positionner face à la réalité de différentes manières. Parce qu'aujourd'hui on observe des positions et des propositions si différentes, des résultats si divergents, malgré le traitement commun du discours de «la crise du capitalisme». C'est un autre diagnostic que nous devons mettre sur la table, sinon nous n'allons avancer nulle part.

Émancipation

Dans les mouvements sociaux de changement, le concept de système capitaliste s'ajoute la nécessité de s'en émanciper. Mais que signifie émanciper? Se rebeller du joug, de l'oppression, de l'esclavage? Libre du contrôle ou de l'imposition de l'État? Du système?

Atteindre l'autonomie, l'indépendance? Est-ce une concession de l'État ou du système? Il y a ceux pour qui les changements n'ont pas été réalisés par la volonté de ceux qui maintiennent l'hégémonie du système, mais par la résistance, par la lutte sociale. Il y en a pour ceux qui devront attendre que l'État reconnaisse la volonté sociale. Mais c'est là que nous glissons à nouveau. Pour certains, émanciper, c'est résister aux effets du système. Accroche toi juste? Luttez-vous contre l'installation d'un barrage, d'une mine, d'une plantation, d'une autoroute, d'une usine à gaz, d'un autre mégaprojet? Résistez-vous, endurez-vous ou luttez-vous contre les politiques néolibérales? Contre la dette extérieure, les OGM, les accords de libre-échange, entre autres politiques.

Certains prétendent que résister, durer, lutter contre le système empêche sa reproduction, mais ne change pas le système, ne le transforme pas nécessairement, ne vise pas nécessairement à en construire un autre.

Par conséquent, lorsque nous parlons d'émancipation, nous ne pensons pas nécessairement à la même chose. Pas de la même manière, pas dans les mêmes stratégies, pas dans le même concept. Malgré les différentes formes de résistance, face à la résistance passive et active, comme l'esclave qui se libère et s'émancipe de son joug oppressant, la question suivante qui se pose est, et maintenant où vais-je courir? Sans plan, sans stratégie, sans idée, le marron courra n'importe où, sans but, sans contrôle, hors de contrôle, sans projet de vie. Et tôt ou tard, il est à nouveau la proie du joug oppressant. Ainsi, dans les mouvements sociaux, une question se pose inévitablement appelée par de nombreuses «alternatives», et par nous Alter-Natos. Et c'est qu'en ne voulant pas ce que nous vivons, en niant et en résistant au système actuel d'hégémonie multiple, nous constatons inexorablement que la porte de la réalité est ouverte, et elle nous lance dans quelque chose de nouveau, nous met en mouvement, en mouvement, en chercher quelque chose au-delà de ce que nous voulons comme un nouveau mode de vie. C'est le paradigme.

Le paradigme

Ici, nous glissons à nouveau. Et nous ne prêtons pas toujours attention à ce que le paradigme pourrait signifier et nous le tenons pour acquis de peur de passer pour ignorant. Bien qu'en réalité, en général, nous ne savons pas bien de quoi nous parlons. Nous ne savons pas si nous nous référons à un nouveau modèle, modèle, méthode ou forme de lutte; vers une nouvelle voie, une voie exemplaire, ou un mécanisme différent, nouveau et réussi contre le système capitaliste, contre sa reproduction. Ou peut-être, et moins commun, nous nous référons à un nouveau modèle de vie, un nouveau système de vie qui nous lance pour construire d'autres mondes possibles différents du capitalisme, pour le chercher au-delà de ce système et générer Alter-Natos. Ce n'est pas pareil. Et pas nécessairement dans la résistance est la proposition. Dans le "nous ne voulons pas cela" peut être implicite ce que nous voulons, mais pas toujours. Parce qu'on peut résister pour éviter quelque chose qu'on ne veut pas, qui est déjà une étape, nécessaire et très difficile, mais comme le marron ... et maintenant? Cependant, nous n'allons pas au-delà de là. Et on nous dit qu'une personne éclairée doit dire avec des mots très compliqués ce qu'est ce Bien Vivre, ou pour d'autres le Socialisme du XIe siècle, ou qui sait quelle théorie, plus cela paraît difficile, plus il semble précis.

Mais il y a ceux qui nous disent que le nouveau naît d'en bas, ce différent né et qu'il est typique de chaque région en quête de bonheur, en harmonie avec la nature, avec d'autres valeurs et pratiques, du concret et du petit, d'où il va imprégner la réalité immédiate avec des changements à construire de bas en haut. Et comme il n'est pas facile d'imaginer et encore moins de construire une proposition de vie différente, avec des valeurs et des pratiques différentes du capitalisme, surtout quand on veut penser au structurel, on nous dit souvent que c'est un rêve fou, que ce n’est pas possible. Et du coup, il est effrayant de dire que l'on veut autre chose que le capitalisme.

Mais c'est d'en bas comment les Tseltals du Chiapas le manifestent. Pour eux, «Lekil kuxlejal est la quintessence de la bonne vie. Ce n'est pas une utopie car il ne fait pas référence à un rêve inexistant. Non, le lekil kuxlejal existait, il a été dégradé mais ne s'est pas éteint et il est possible de le récupérer. Il appartient non seulement à ce monde, mais aussi à l'au-delà. Regardons le lekil kuxlejal sous l'un de ses aspects fondamentaux: la paix. La conception de la paix parmi les Tseltals suppose la dimension sacrée et parfaite du silence. »[1]

Il y a donc ceux qui disent que ce sont d'autres paradigmes, d'autres chemins, d'autres mondes, une autre façon de comprendre le monde, la nature, l'humanité, le bonheur. Ils deviennent des paradigmes lorsque le mouvement social le légitime, le mène, le renforce, le rend crédible, lui donne un canal et, surtout, le met en pratique et transforme la vie immédiate en nouvelle vie, en nouvelles relations, dans le cadre d'un analyse structurelle et d'un projet d'émancipation politico-sociale antisystémique.

Conclusion

Les mouvements sociaux jouent la dynamique entre ces quatre pistes, entre ces réalités, entre le capitalisme, le système; la lutte ou la résistance (émancipation); et la recherche de quelque chose de différent (paradigmes, alternatives, etc.). Mais parfois, nous comprenons chacun de ces concepts de manière très différente. Nous les prenons pour acquis. Pour cette raison, dans les réflexions, nous arrivons à des analyses, des tendances, des résultats ou peut-être même des conclusions contradictoires. Il est donc difficile de s'entendre. Il y a des mouvements sociaux qui parient sur la lutte politique électorale, sur la prise du pouvoir par les structures étatiques. Pour d'autres, ce n'est pas la prise de pouvoir mais le «commandement en obéissant». Pour d'autres mouvements, c'est un autre monde possible, pour d'autres, d'autres mondes possibles; pour certains davantage, il sera nécessaire d'influencer d'une manière, pour d'autres d'une autre; il y aura pour qui le changement arrive, mais au sein du système; pour certains, il y a une précipitation, pour d'autres non. Et donc…

Il serait très utile de s'entendre sur l'analyse de ces quatre concepts. Nous irions plus loin dans la construction d'un monde où nous conviendrions à tous les mondes possibles et divers.

Image de balise Gustavo Castro Soto - Autres mondes AC / Amis de la Terre Mexique - Mars 2011, San Cristóbal de las Casas, Chiapas, Mexique.

Remarque:

[1] Antonio Paoli, "Approches de l'idéal de vie chez les Tseltals",
http://membres.multimania.fr/revistachiapas/No12/ch12paoli.html

(2) Publié dans El Escaramujo "VOIR TOUTE LA SÉRIE« EL ESCARAMUJO »:
http://otrosmundoschiapas.org/index.php/component/content/category/118-el-escaramujo.html


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